mercredi 17 février 2010

Les entreprises : au cœur du débat !

Olala…externalités…environnement…négative…pfff compliqué tout ça ! Tu es peut-être un petit peu perdu cher lecteur ? Pas de panique ! Ces différents termes nous ne les avons que repris de l’actualité. Vous n’y avez peut-être pas prêté attention en écoutant les informations ou en lisant la presse mais ces termes sont au cœur du débat actuel : le développement durable. Quoi ?! Tu n’as jamais entendu parler de développement durable ? Euh…disons que…bah en fait on ne pas grand chose pour toi ! Que nenni ! Nous sommes sûrs que tout le monde en a déjà entendu parler. Si ce n’est pas le cas, rassures toi ami lecteur, notre blog t’apprendra plein de choses à ce sujet ! D’ailleurs tu as déjà dû apprendre beaucoup.

L’actualité donc… Le sommet de Copenhague, après celui de Kyoto il y a quelques années ; la relance du nucléaire aux Etats-Unis, où le président veut rendre le pays moins dépendant au pétrole et réduire les émissions polluantes du premier pollueur mondial ; grenelle de l’environnement en France ; l’engagement pour 185 millions d’euros du gouvernement fédéral mexicain pour lutter contre le réchauffement climatique ; le gouvernement québécois qui fait face au dilemme des sables bitumeux en Alberta : en faire profiter les entreprises québécoises ou s’opposer à leur exploitation pour préserver l’environnement ? L’environnement est un sujet de choix pour les journalistes car la société, dans son ensemble, commence (seulement ?) à prendre conscience de ses actes.

Les entreprises ne sont pas exemptes du débat : les consommateurs sont de plus en plus des consommateurs « responsables » et veulent des produits ou services plus « éco-friendly » ; les pouvoirs publics se font de plus en plus incisifs concernant la protection de l’environnement et veulent connaître les moyens que ces dernières mettent en place en ce sens ; de plus en plus de salariés acceptent difficilement de travailler pour des entreprises « négligentes » et veulent un engagement de celles-ci en ce qui à trait à l’environnement.

Aie…aie…aie nous avons déjà du mal avec nos coûts mais là on va galérer ! Pas forcément… Certaines entreprises s’en sortent très bien, d’autres ont su en tirer profit. Pour certaines il reste en revanche beaucoup de chemin à parcourir. Quels problèmes, solutions, avantages, inconvénients, atouts cela apporte « d’internaliser » les externalités ? Quel rôle la comptabilité de management peut jouer dans ce qui, de plus en plus, fera partie intégrante du quotidien des organisations ?

La majorité des entreprises n’a pas encore internalisée les externalités. Autrement dit, elles prennent des mesures, la décontamination par exemple, lorsque les dommages ont déjà été faits. Cette approche est de plus en plus difficile à maintenir car la pression des parties prenantes est de plus en plus forte et les dommages, surtout sur les humains, sont parfois difficiles voir impossible à réparer. Elles exigent plus d’effort de la part des entreprises. Celles-ci doivent donc intégrer le problème environnemental et les coûts afférents dans leurs processus d’affaire : budget, comptabilité, recherche & développement, etc. Le fait d’internaliser les externalités fera donc que les entreprises devront, par exemple, intégrer dans leurs coûts de production prévisionnels les coûts environnementaux. Cela va avoir un impact sur les performances des entreprises en augmentant les coûts des biens et services produits.

Au lieu que la responsabilité de l’entreprise s’arrête une fois que le bien ou le service est rendu au client, les performances du produit seront évaluées sur son cycle de vie incluant la période d’utilisation par le client et la disposition éventuelle du produit (recyclage par exemple ou retour au producteur). Il s’agit donc d’une approche radicalement différente de celle qui consiste à réparer les dommages. En effet, les entreprises réparent les dommages ou paient des indemnités s’il y a poursuite. Sinon, aucune action n’est menée. Pourtant, l’absence de plainte ne signifie pas absence de dommages. L’internalisation des externalités est déjà une réalité dans certains organismes. Les projets financés par la banque mondiale par exemple incluent souvent un volet environnement dans l’évaluation préliminaire de ces projets.

Le fait de tenir compte des coûts environnementaux va dans le court terme augmenter les coûts et réduire les profits des entreprises, à moins d’augmenter les prix de vente. Toutefois, les performances devraient augmenter dans le long terme une fois que ces coûts sont mieux maitrisés. Par ailleurs, le temps où le prix était le seul critère pertinent dans la décision d’achat, dans l’hypothèse de produits de qualités similaires, est révolu. Aujourd’hui, le client cherche à savoir dans quelles conditions le produit a été fabriqué. Il n’y donc pas que l’aspect monétaire dans la décision des consommateurs. Saviez-vous par exemple que dans un passé récent, les ballons de soccer utilisés dans les grands tournois internationaux étaient fabriqués par des enfants, quelque part en Asie, en violation des lois internationales sur le travail des enfants ? Les ballons avaient un rapport qualité/prix excellent et se vendaient très bien. Pourtant, sous la pression des parties prenantes, ces ballons ont été boycottés par tous les organisateurs de tournois. Le coût social de ne pas internaliser les externalités est donc très élevé et peut conduire tout simplement à la faillite.

Les entreprises n’ont donc pas le choix. L’internalisation aura aussi un impact sur l’évaluation des performances des entreprises ainsi que leurs structures organisationnelles. Les critères de performances ne seront plus seulement monétaires mais devront inclure aussi l’aspect environnemental des biens et services.

2 commentaires:

  1. Alexandre Beaulieu25 février 2010 à 05:10

    Bonjour,

    Je viens de voir votre blogue en cherchant sur Google "Externalités environnementales", et j'ai été évidemment agréablement surpris de voir qu'un blogue s'attaquait justement à ce sujet! Quelle surprise et quelle joie!

    Cette première lecture me laisse cependant avec des questionnements supplémentaires. Vous semblez effectivement indiquer que les entreprises devraient internaliser leurs externalités; celà est facilement applicable pour la décontamination d'un site, ou dans n'importe quelle situation où les impacts sont mesurables, mais j'ai beaucoup de difficulté à voir une application pour d'autres entreprises.

    Prenons l'exemple du plomb dans des jouets produits à l'international; comment évaluer l'impact que ça peut avoir sur la santé des gens? Comment savoir combien de gens seront touchés? Je vois difficilement un moyen de comptabiliser ce genre d'effets dans les états financiers interne en inscrivant une provision ou un autre élément du genre. À mon sens, l'effet sur leurs états financiers se fera ressentir lorsque leurs ventes diminueront conséquemment à la mauvaise réputation en découlant.

    De plus, beaucoup d'éléments sont à clarifier au niveau de l'environnement; l'effet de la hausse de diffusion de CO2 sur l'environnement est loin de faire l'unanimité dans la communauté scientifique! Est-ce que vous proposez des barêmes, ou savez-vous s'il en existe déjà?

    Merci de me publier,

    Alexandre

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  2. Quel coût pour traiter l'effet du plomb sur la santé des gens ? Une multitude de facteurs sont à prendre en compte : comme le pays de vente, la législation, le niveau d'éducation et de santé des gens et la liste est loin d'être finie...

    Comme dit via un autre commentaire, le monde parfait serait que les produits ou services vendus soient sans problèmes sur la santé et la nature.

    Utopie sans doute...

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